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« Réaction de la Coalition nationale sur l'aide sociale », communiqué de la Fédération des femmes du Québec, juin 1998.
Québec, mercredi, 17 juin 1998, 18:00
La Coalition considère qu'elle vient d'effectuer un gain en rapport avec l'obligation de parcours pour les jeunes de 18 à 24 ans. Même si le principe de l'obligation demeure inscrit dans le projet de loi, ce que nous contestons vivement, l'ajout d'un an au moratoire déjà annoncé nous permet d'espérer que ce principe ne sera jamais mis en vigueur. Au cours des deux prochaines années, le gouvernement du Québec aura l'obligation de mettre en place des parcours qualifiants et menant à l'emploi. Quant à nous, nous saurons démontrer si besoin est que les personnes assistées sociales veulent prendre tous les moyens disponibles pour sortir de la pauvreté.
Par ailleurs, le gouvernement s'obstine à laisser dans la loi la saisie d'une partie de la prestation dans les cas de non paiement de loyer. Un document récent rendu public par madame Harel indique que près de 50% des chèques des personnes seules et 40% de ceux des couples pourront être saisis. Les groupes sociaux intervenant dans le domaine du logement ont déjà annoncé leur intention de contester cette disposition discriminatoire devant les tribunaux.
Enfin, la Coalition déplore les très petits montants additionnels consentis par le gouvernement pour atténuer la pauvreté des prestataires de l'aide sociale. Le gouvernement rétablit le versement mensuel de la TVQ ce qui n'est, après tout que le maintien du statu quo. Il augmente les gains permis, ce qui ne lui coûte pas un sou. Il calcule que le report du moratoire lui coûte autour de 20 millions en pénalités qui ne s'appliquent plus. Pour les prestataires qui ont été coupés de centaines de millions depuis deux ans, ces mesures sont dérisoires. Nous nous attendions à tout le moins à ce que le gouvernement rétablisse la prestation familiale à son taux actuel pour les familles qui arriveront à l'aide sociale après le 1er octobre prochain, à ce qu'il redonne le droit aux demandeurs d'aide sociale de conserver un peu d'argent lorsqu'ils arrivent à la Sécurité du revenu, qu'il annonce le retour du principe de l'indexation des prestations, qu'il abolisse l'absurde coupure pour partage de logement pour l'ensemble des personnes qui en sont victimes, etc... Rien de tout cela n'est arrivé et notre déception est immense.
En conclusion, la Coalition estime qu'elle a marqué des points de dernière minute grâce à l'appui de multiples groupes, syndicats et autres acteurs sociaux. Cependant, elle note que la lutte contre la pauvreté n'est pas une priorité pour l'actuel gouvernement du Québec. Les prestataires vont continuer de devoir survivre avec des revenus totalement insuffisants.
La Coalition entend continuer à mener une lutte conséquente pour faire reconnaître le droit à un revenu décent pour tous les citoyens et citoyennes du Québec.
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1999 |