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[Lise Pelletier], «La sécurité des femmes en milieu urbain - Actes du séminaire tenu à Montréal le 15 juin 1999», Table de concertation en matière de violence conjugale du territoire de la communauté urbaine de Montréal; Comité d'action femmes et sécurité urbaine; Table de concertation en matière d'agressions à caractère sexuel - région de Montréal, 2000.
Catalogue CDEACF: 343.6-055.2(1-21)Pel 2000
Autonomie ou
|
Conception : Anne Michaud, Ville de Montréal,
Femmes et ville (Service des sports, Réalisation : Pierre Giroux, Ville de Montréal
(Service des sports, des loisirs et du |
Mode
demploi
Objectifs
Ce jeu danimation a été créé à lintention des intervenantes et intervenants ayant à réaliser des activités de prévention en matière de sécurité des femmes auprès de la population (organismes de prévention du crime, policiers communautaires, centres de femmes, organismes de jeunes ou daînés-es, etc.).
Le but du jeu est de favoriser la réflexion et la discussion sur les messages de prévention proposés aux femmes. Les principaux objectifs du jeu sont les suivants :
Procéder à lanalyse des messages de prévention en matière de sécurité des femmes pour mieux en saisir les fondements et limpact auprès des femmes et de la population;
Favoriser à long terme la cohérence des messages de prévention dispensés par les divers intervenants publics et communautaires;
Privilégier les messages qui promeuvent la liberté de mouvement et lautonomie des femmes plutôt que la restriction de la mobilité et la dépendance à la protection.
Durée
Au minimum une heure; idéalement deux heures pour favoriser les échanges en profondeur.
Matériel utilisé
Douze silhouettes rigides et tenant debout sur une table (deux
par groupe de six à huit personnes au plus) avec un dessus en feutrine;
six boîtes (une par groupe) contenant chacune environ deux douzaines de
messages et deux en-têtes allant sur chacune des silhouettes. Les messages
sont collés sur des cartons munis de velcro pour bien tenir
sur les silhouettes. Des cartons blancs se trouvent aussi dans chacune des boîtes
pour y écrire de nouveaux messages. ![]()
Déroulement
Les participantes et les participants se divisent en petits groupes de six à huit personnes. Deux personnes sont désignées à lanimation et au secrétariat dans chacun des groupes.
Les gens sont dabord invités à écrire sur des cartons vierges de nouveaux messages, ceux quils utilisent dans leur travail de prévention, qui sont ensuite mis dans la boîte avec les autres. Chacun pige alors un message et le lit à haute voix. Le groupe doit rapidement faire consensus pour déterminer sur quelle silhouette le message devrait être affiché, selon quil favorise :
lautonomie, la mobilité, la liberté, lempowerment des femmes et
la responsabilité collective ;
la dépendance à la protection dautrui ou au recours à divers gadgets,
la restriction de la mobilité, la responsabilité delinsécurité attribuée aux femmes.
Sil ny a pas consensus, on dépose le message au centre de la table et on le réserve pour discussion; on tente de placer le maximum de messages sur lune ou lautre des silhouettes.
Après quinze minutes, les messages qui nont pas fait
lobjet dun consensus sont remis en discussion; les divers arguments
sont pris en note. Après trente minutes, le groupe choisit le message
qui a suscité le plus de discussions pour le ramener à la période
de mise en commun.![]()
| Ne portez pas de sac à main | Sil vous arrive quelque chose, cest que vous vous nêtes pas assez protégée |
Faites confiance en votre intuition |
| Munissez-vous dun cellulaire |
Utilisez le service entre deux arrêts de la STCUM |
Faites-vous accompagner si vous sortez le soir |
| Prenez des cours dautodéfense pour femmes |
Munissez-vous dun sifflet | Munissez-vous dune alarme personnelle |
| Faites connaissance à vos voisins, votre quartier |
Partagez votre insécurité avec dautres femmes |
Conduisez les portes verrouillées |
| Faites attention à la façon dont vous vous habillez |
Faites connaître à votre municipalité les problèmes déclairage, daménagement, dentretien |
Installez un collier de chien à votre porte |
Mettez seulement votre initiale dans lannuaire téléphonique |
Utilisez les services de raccompagnement sur les campus universitaires |
Identifiez les commerces ouverts le soir dans vos circuits quotidiens |
Lensemble de la collectivité est responsable de la sécurité des femmes |
Nhabitez pas au rez-de-chaussée |
Appliquez les principes de laménagement sécuritaire du point de vue des femmes |
| Organisez des marches exploratoires sur la sécurité des femmes dans votre quartier |
Posez des bottes dhomme à votre porte |
Enregistrez une voix dhomme sur votre répondeur |
| Voir et être vue! | Parlez, exprimez vos craintes |
Développez votre sentiment dappartenance au quartier |
| Préférez au sac à main un sac autour de la taille |
Prenez des cours dautodéfense |
Verrouillez vos portes |
Circulez dans les endroits éclairés et achalandés |
On a le droit de se défendre et on est capable de le faire |
Faites-vous confiance, faites confiance en votre intuition, soyez vigilante |
| Après les cours du soir, partez ensemble pour prendre lautobus. |
Dénoncez, parlez, appelez |
Ne montrez pas que vous avez peur quand vous marchez dans la rue le soir |
| Nayez pas peur de vous affirmer : si une personne dépasse vos limites personnelles vous avez le droit de les imposer, pour ne pas entrer dans votre bulle personnelle |
Circulez dans des endroits où vous vous sentez en sécurité |
Faites connaissance avec vos voisins et votre quartier |
| Soyez prudente et vigilante |
Ayez confiance en votre intuition. |
Choisissez le chemin du retour à lavance |
| Soyez bien informée de ce qui se passe là où vous allez, là où vous vivez |
Le pouvoir de choisir et dagir. |
Un premier constat se dégage des discussions en atelier. Plusieurs groupes ont buté sur la forme impérative utilisée dans les messages, donnant une impression dobligation plutôt que de conseil. La conceptrice du jeu souligne que la forme choisie ne se voulait pas impérative et que chaque message pourrait se lire à la forme infinitive (mettre des bottes dhommes plutôt que mettez des..).
Utilisez le service de raccompagnement sur les campus universitairesLes services de raccompagnement focalisent sur le sentiment dinsécurité. Ils ont dabord été mis sur pied pour prévenir les agressions. Mais comme ces services nont pas été accompagnés de modifications ou daménagement environnemental sur les campus pour améliorer la sécurité des femmes, ceux-ci vont plus dans le sens de la dépendance à la protection dautrui. Dun autre côté, ils sont de nature à favoriser la mobilité puisquils permettent aux femmes qui les utilisent de se rendre à leurs cours et den revenir, ce quelles ne feraient peut-être pas autrement.
Utilisez le service Entre deux arrêts
Certains prétendent que le fait doffrir ce service peut éveiller le sentiment dinsécurité dune femme qui autrement ne se croirait pas en danger. Par contre, ce service peut accroître la mobilité des usagères qui sen prévalent. De plus, il résulte dune mobilisation collective et indique que les pouvoirs publics reconnaissent leur responsabilité.
Ne portez pas de sac à main, munissez-vous dun cellulaire, conduisez les portes verrouillées
La discussion a fait ressortir la nécessité de ne pas présenter ces messages comme des règles mais plutôt doffrir aux femmes le choix de recourir ou non à ces stratégies.
La mise en commun des discussions en groupes démontre bien limportance daller plus loin dans la réflexion sur les messages véhiculés. Nous avons ainsi réalisé que les messages proposés ne vont pas forcément dans un seul sens et que la distinction entre autonomie et dépendance nest pas aussi claire quon pourrait le croire. Les stratégies visant à accroître le sentiment de sécurité sont très complexes.
Le jeu a été très apprécié. Cet outil suscite
beaucoup de réflexions. Il est dailleurs à la disposition
des
organismes désireux de lutiliser.
Pour en faire la demande, sadresser à :
Anne Michaud
Programme Femmes et ville
Service des sports, des loisirs et du développement social
Ville de Montréal
333, rue St-Antoine Est, bur. 114
Montréal (Qué) H2X 1R9
Tél. : (514) 872-6156
Téléc. : (514) 872-7447
Courriel : anmicho@pe2.ville.montreal.qc.ca
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Interventions
de
Le sentiment de sécurité et dinsécurité évolue selon les situations et les expériences des femmes. Le défi de lintervention dans ce domaine est dorganiser des activités sur la sécurité des femmes sans créer leffet contraire, cest-à-dire dinsécuriser davantage ces dernières en leur faisant prendre conscience des dangers potentiels. La question posée par lauditoire reste donc entière : comment développer des stratégies daction susceptibles damenuiser les effets secondaires?
En guise de réponse, une participante évoque un film féministe sur la pornographie, dans lequel on citait la phrase suivante : " Être consciente, cest être constamment dans la douleur ou la peine ". En rendant les femmes plus conscientes, on accroît peut-être leur peur mais en même temps, on leur permet de devenir plus indépendantes, davoir une meilleure prise sur leur réalité et dexercer leur vigilance.
Une autre participante demande si le fait de parler de prévention du crime et daugmenter ainsi la peur nest pas le prix à payer pour vivre plus en sécurité. Elle ajoute que la façon dont les messages sont passés y est pour beaucoup. À cet égard, on doit dénoncer certains médias qui, à la suite dune agression dans une maison dhébergement par exemple, se demandent si les femmes sont en sécurité dans ces lieux plutôt que de sinterroger sur le phénomène de la violence faite aux femmes en général.
On convient que toutes les femmes développent des stratégies pour vivre et survivre avec leur peurs. Si les outils que nous nous donnons comme les cours dautodéfenses favorisent lautonomie des femmes, ils ont très certainement leur raison dêtre. Plus les femmes ont accès à des moyens pour développer leur autonomie, moins elles ont peur ou du moins, elles la contrôlent mieux cette peur.