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«Violence conjugale: plus que jamais vigilantes», communiqué à l'occasion de la comparution de Marcel Samson, Louise Riendeau, coordonnatrice, Suzanne Tardif, présidente, RPMHTFVVC , Montréal 1999.

 

Violence conjugale: plus que jamais vigilantes

Montréal, le 12 juillet 1999 - Aujourd'hui encore, des représentantes du Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale assisteront à la comparution de Marcel Samson. Monsieur Samson est accusé du meurtre de sa conjointe, Ginette Roger, perpétré le 10 juin 1999, à l'intérieur même de la maison Le Coup d'Elle à Saint-Jean sur Richelieu.

Déjà le 5 juillet, le Regroupement signifiait son intention de suivre de près le procès de Marcel Samson: justice doit être rendue, tel est son objectif.

Par sa présence à Saint-Jean, l'association provinciale veut aussi attirer l'attention sur la nécessité de prévenir la violence conjugale, de soutenir les victimes et de dénoncer les gestes de violence commis à l'égard des femmes.

Un travail à poursuivre

Le Regroupement souhaite sensibiliser la population, les tribunaux, les organismes impliqués et les gouvernements à l'urgence de prendre au sérieux ce phénomène. La violence conjugale est encore trop souvent minimisée, excusée par toutes sortes de prétextes. Plusieurs intervenant-e-s, les tribunaux notamment, en saisissent mal les conséquences tant individuelles que sociales.

Pire encore, le ministère de la Justice évalue actuellement la possibilité de déjudiciariser certaines accusations de violence conjugale. Un conjoint violent accusé pour une première fois1 de voies de fait simples pourrait ainsi échapper à la justice et s'en sortir sans aucun dossier criminel. C'est le seul crime contre la personne pour lequel on envisage des mesures de rechange à la judiciarisation.

Les représentantes de maisons s'opposent à l'introduction de telles mesures. Elles pensent au contraire qu'il faut aller de l'avant dans la voie de la judiciarisation, de la responsabilisation des agresseurs. Elles ne souhaitent pas que les conjoints violents soient jugés plus sévèrement que les autres agresseurs, elles veulent un traitement équitable, dissuasif et qui tienne compte des conséquences pour les victimes et pour l'ensemble de la société.

Depuis longtemps, elles demandent au système de justice de s'adapter aux besoins spécifiques des victimes de violence conjugale.

Des principes à respecter

L'association provinciale exhorte le gouvernement du Québec ainsi que ses institutions à mettre le cap sur les neuf principes directeurs de la politique Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale, rendue publique par le gouvernement québécois en 1995. Elle insiste notamment ceux-ci:

"La société doit refuser2 toute forme de violence et la dénoncer. (...)

L'élimination de la violence conjugale repose d'abord sur des rapports d'égalité entre les sexes.

La violence conjugale est criminelle.

La violence conjugale est un moyen choisi pour dominer une autre personne et affirmer son pouvoir sur elle.

La sécurité et la protection des femmes victimes et des enfants témoins ont priorité en matière d'intervention. (...)

Les agresseurs sont responsables de leurs comportements violents; l'intervention doit viser à leur faire reconnaître leur responsabilité face à la violence et à l'assumer."3

Plus que jamais, le Regroupement entend donc jouer une rôle de vigile non seulement face au déroulement du procès de Monsieur Samson mais aussi sur l'ensemble des interventions de l'État en matière de violence conjugale.

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Source: Louise Riendeau, coordonnatrice, Suzanne Tardif, présidente
Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale
Tél. : (514) 878-9134 poste 2

1 On estime qu'une femme sera violentée une trentaine de fois avant de porter plainte, une première fois.
2 C'est nous qui soulignons.
3 GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale, 1995, p.30.

 

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